C’est quoi l’ARENH ?

Le dispositif de l’ARENH (Accès Régulé à l’Electricité Nucléaire Historique) a été instauré par la loi du 7 décembre 2010 portant sur la Nouvelle Organisation du Marché de l’Électricité, dite loi NOME. La fin de ce dispositif est prévue pour 2025. Ce dispositif a pour objectif d’encourager le développement de la concurrence sur le marché de l’électricité. EDF a longtemps eu une place dominante sur ce marché, par son ancienneté, son monopole, mais surtout grâce au soutien historique de l’État. Pour remédier à cela, l’État a décidé d’aider les nouveaux fournisseurs en obligeant l’entreprise à vendre 25% de sa production nucléaire totale aux fournisseurs alternatifs.

Pourquoi faciliter l’accès à l’énergie nucléaire aux fournisseurs alternatifs ?

EDF a longtemps été le seul fournisseur d’électricité en France, grâce à ses qualifications et au soutien historique du pays, il occupe ainsi une position dominante sur le marché. Quand on sait que l’énergie nucléaire représente désormais 70% de la structure électrique française, on imagine que les fournisseurs alternatifs risquent d’avoir du mal à se procurer de l’électricité. Sans supervision gouvernementale, EDF dispose d’un avantage concurrentiel indéniable. L’entreprise peut émettre des factures pour le prix de cette énergie au besoin, contrôlant ainsi le nombre de nouveaux fournisseurs émergents en France.

Pour résoudre ce problème, l’État français a choisi de mettre en place le système ARENH entre 2011 et 2025. Cette aide permet aux nouveaux fournisseurs d’obtenir cette énergie décarbonée, dont le niveau de production est constant. En effet, EDF est obligé de vendre 25% de sa production totale d’énergie nucléaire à des fournisseurs alternatifs. Cela représente 100 TWh dont le prix standard est de 42€/MWh, ce qui est attractif par rapport au prix du marché. De plus, seuls les guichets d’ARENH peuvent répondre aux demandes d’autres fournisseurs.

Quel est le risque d’avoir un contrat avec l’ARENH ?

Pour les consommateurs, la partie de leur prix électron qui comporte de l’ARENH est indexée sur le prix fixé par la CRE. Toute évolution du prix de l’ARENH est donc imposée par les fournisseurs sur le prix payé par les consommateurs.

Chaque année, les fournisseurs doivent informer la CRE du montant de l’ARENH qu’ils souhaitent obtenir afin de le revendre aux clients. Cependant, dans le cadre du système ARENH, seuls 100 TWh peuvent être utilisés par d’autres fournisseurs. Si la demande de ces fournisseurs dépasse 100 TWh, un certain pourcentage de la demande de l’ARENH ne sera pas satisfait : la quantité correspondante dite « plafond » est appelée « l’écrêtement ». Par conséquent, les fournisseurs qui n’ont pas obtenu le nombre d’ARENH attendu devront recourir au marché de gros de l’électricité pour combler la pénurie.

Le risque majeur est donc un possible écrêtement de l’ARENH.